CARTOGRAPHIES DU SOUVENIR

CARTOGRAPHIES OF REMEMBERING


If we stop remembering, we become the first wave. The first step, the eternal renewal of a beginning.

The memory is what allows us to interact, respecting the story-line we set our energy to build.

It is what keeps the theater alive.

Bringing complexity and forms to the simple frame of pure potential. The raw canvas

Structuring chaos is what we do best for social survival.

The sublime is the awakening of the mistery.


"CARTOGRÁFIAS DEL RECUERDO" surge de la exploración entre cuerpo individual/colectivo y paisaje.

Se trata de un proyecto experimental en el que pongo en práctica diferentes dispositivos para crear partituras y narraciones no lineales hechas a partir de fragmentos dispersos. Cartografías que coquetean con la idea de "tomar prestados" los recuerdos ajenos, así como la memoria del paisaje, para recrear nuevos mapas de espacios existentes.

El objetivo es tejer  nuevos mapas, nuevos vínculos, testimonios transformados, encontrar nuevos nombres para las cosas.

La memoria cambia, se transforma, se adapta, selecciona, es un estado de consciencia. La memoria cambia los recuerdos, los manipula.

Los mapas orientan, guían y al mismo tiempo también recrean y domestican los espacios de manera aleatoria.


Este proyecto quiere  llevar a cabo diferentes experiencias performativas que generen coreografías, escritos, ilustraciones, a través del movimiento, de marchas guiadas interactivas, del collage y de creaciones sonoras.



En janvier 2020, j'étais sélectionnée pour participer à une résidence de création à Naples sur le thème de « the art of remembering ». La residence a du etre annulé et se ramporte pour septembre 2021.

La structure qui propose cette résidence est The Rabbit Hole Method. Nous allons travailler in situ pendant deux semaines en collaboration avec la Fondation Morra et le musée Hermann Nitsch à Naples.

Pour ce projet, je désire partir d'un dispositif d'errance dans la ville de Naples. Je désire explorer la déambulation, la rencontre hasardeuse et la collecte des souvenirs comme quelqu'un qui aurait perdu l'accès à sa mémoire à court terme. À l'image de l'archétype du Mat dans le Tarot de Marseille, j'errerai dans les rues de la ville, sans direction fixe, en suivant mes pas. Un pèlerinage sans fin vers l'inconnu. Une errance urbaine pour recueillir des histoires, des odeurs, des textures, des rêves, des objets, des fragments de la mémoire collective de la ville.

Grâce à ce dispositif, j'aimerais ensuite rassembler les éléments récoltés afin de composer des cartographies personnelles par le mouvement et le collage. Des "CARTOGRAPHIES DU SOUVENIR » qui sont pour moi comme des cartes-mémoire constituées de récits non linéaires créés à partir de fragments épars. Ces cartographies flirtent avec l'idée de se rappeler des souvenirs de quelqu'un d'autre, où les souvenirs pourraient tout de suite appartenir à tous ou bien à personne.


Inspirée par les Villes invisibles de l'auteur italien Italo Calvino, j'aimerais devenir, à l'image de son personnage Marco Polo qui décrit des villes invisibles grâce à ses récits de voyage, la cartographe de souvenirs singuliers et énigmatiques, témoins de l'invisibilité. Mon projet est de réaliser une nouvelle carte poétique, de nouveaux liens, des témoignages transformés, trouver des nouveaux noms de rues et de quartiers. Une cartographie poétique qui pourrait éventuellement être présentée sous la forme d'un livre (collage, sérigraphie, photo, ...à la fois illustrée et audiovisuelle...) et de performances.

La ville c'est un point d'ancrage. Qu'est ce que je prends ? Qu'est ce que je laisse? Elle favorise la rencontre avec l'autre, l'interaction. La ville c'est un espace connu et étranger à la fois. Elle est mémoire et oubli.

La mémoire c'est ce qui construit une identité, même éphémère. La mémoire choisit les instants, les souvenirs, liés aux espaces, au désir, à la douleur, à la mort...Elle introduit des questions relatives au temps, à la temporalité et à l'organisation du visible et de l'invisible. La mémoire est une trace qui peut être remise en cause. Qu'est-ce qui reste du passé? Qu'est-ce qui disparaît? La technique du collage par exemple consiste à prélever un certain nombre d'éléments dans des œuvres, des objets, des documents, des messages déjà existants et à les intégrer dans une création nouvelle. Une sorte de palimpseste avec de nouvelles significations.

Le souvenir change, se transforme, s'adapte. C'est un état de conscience. La mémoire change les souvenirs. Les souvenirs sont des compositions, des recréations. Le souvenir est le mécanisme du devoir se rappeler. L'invention fait partie du souvenir, ça aide a trouver un sens. Ainsi comme l'oubli, le souvenir donne corps à l'invisibilité de l'intime.

Pendant la période de résidence, je vais créer différents dispositifs et jeux pour déambuler dans la ville de différentes façons. J'en profiterai pour collecter des histoires, des souvenirs, faire des rencontres qui me permettront d'élaborer une cartographie nouvelle de l'espace, à travers des collages, récits, photos et vidéos de danses. J'aimerais collaborer aussi avec d'autres artistes et intégrer leurs démarches à cette cartographie du souvenir que j'aimerais dessiner. Comment ensemble on peut aussi composer une mémoire collective de souvenirs réinventés?



Ainara